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Rencontre avec Patrick Leguillette, co-fondateur de la start-up BeeBryte (partie 2)

BeeBryte 2

Beebryte est une start-up dont les algorithmes permettent d’optimiser les achats d’énergie d’un bâtiment ou d’un site. 

Grâce à sa plateforme d’intelligence énergétique, Beebryte est capable de coordonner des cycles d’autoconsommation, de soutirage et de recharge de batteries. Cette intelligence accroît la valeur des systèmes de stockage d’énergie, contribuant à leur développement comme catalyseurs de la transition énergétique. 

 Suite de notre rencontre avec l’un de ses fondateur, Patrick Leguillette : 

Est-ce que cette solution est adaptée à tous les marchés ?

Ce que nous aimons tout particulièrement, ce sont les profils de consommation accidentés et les zones où les structures tarifaires sont complexes. Ainsi, les marchés qui peuvent nous intéresser sont ceux :

-          Dérégulés avec une forte volatilité des prix, l’arbitrage ayant ainsi du sens

-          Avec une pénétration importante des énergies renouvelables, ce qui concourt au besoin de flexibilité

-          Avec un réseau fragile ou vieillissant ; le régulateur doit alors taxer non pas seulement l’énergie consommée mais aussi la puissance appelée. C’est le cas par exemple en Californie ou 50 % de la facture des gros consommateurs industriels vient du seul abonnement en puissance.

Note concept se prête aussi aux marchés qui disposent de structures de services au réseau, type « effacement », pouvant générer des flux de revenus supplémentaires. On a parlé de la partie trading qui est la genèse de notre solution mais, aujourd’hui, on est capable d’empiler un grand nombre de services complémentaires sur du stockage.

Et où se trouve le paradis ?

Nous avons conduit une vaste étude de marché et poursuivons un travail de veille. Sans être exhaustifs, nous avons identifié l’Australie, Singapour, certains états aux US ou encore certains pays d’Europe tels que la Suède comme des marchés particulièrement propices.

Mais nous sommes encore une start-up et nous ne sommes pas prêts à attaquer tous ces pays de front.

La France ne figure donc pas dans votre top 10 ?

La France reste malgré tout intéressante.

Même si l’électricité reste peu chère (pour le moment !) et les tarifs d’abonnement peu élevés, il y a un marché de l’effacement bien structuré, et depuis cette année un marché de capacité qui augmente les opportunités de valorisation de la flexibilité. De surcroît, l’effort politique pour relancer la filière renouvelable est réel, avec un grand nombre d’appels d’offres qui ont été lancés pour soutenir le développement de ces sources d’énergie, qui gagnent en maturité. On est ainsi sorti de la logique des tarifs de rachat pour aller vers l’autoconsommation qui mène tout naturellement vers le stockage.

Comment BeeBryte poursuit-il son développement ?

Après une phase de R&D, 2017 marque le début de la commercialisation. Depuis 8-9 mois, nous nous sommes dotés d’une force commerciale pour développer notre business.

Nous avons plusieurs projets pilotes taille réelle qui tournent aujourd’hui à Singapour, en Irlande et en France avec du stockage batterie. En stockage thermique, un pilote démarre à Lyon et devrait déboucher sur des premiers contrats commerciaux d’ici l’automne.

Nous travaillons aussi avec des développeurs de projets renouvelables qui souhaitaient préparer l’arrivée du stockage ces prochaines années.

Nous visons pour cette année, en guise de démarrage, une dizaine de clients récurrents signés sur du bâtiment tertiaire et du moyen ou petit industriel.

Nous n’avons pas encore abordé la question de votre modèle de rémunération.

Il est basé sur les économies générées. Différents modèles sont possibles. Le shared-saving pur : tous les mois, avec le client, nous nous partageons le montant des économies. Certains pays sont très à l’aise avec l’idée de partager les risques et les profits. En France, on préfère en général un modèle plus « rassurant » d’abonnement sur la base d’économies prévisionnelles. Tout modèle hybride est également possible.

Jusqu’ici nous avons pu bénéficier, pour notre développement, d’un très bon soutien institutionnel. Et tout d’abord en termes de financement. On entend beaucoup de choses sur la France mais nous pouvons témoigner du fait que c’est un endroit fabuleux aujourd’hui pour innover et créer, du moins au début d’un projet.

Nous avons reçu un accueil très favorable et des supports concrets de divers organismes tels que l’ADEME ou BPI France.

Vous avez d’ailleurs remporté plusieurs prix.

Nous avons été lauréat de l’appel à projet lancé par la communauté GreenTech Verte, un réseau d’incubateurs soutenu par le Ministère de l’Environnement.

Encore une fois, c’est un secteur dans lequel on sent bien une volonté politique, en particulier sur la thématique du stockage et des smart-grids.

Par ailleurs, nous avons été retenus par la ville de Paris et l’incubateur NUMA, dans le cadre du challenge DataCity, qui nous a donné l’occasion d’expérimenter une visualisation qu’on a développée dans des bâtiments publics de la ville.

Un autre produit ?

Pas vraiment. L’analyse, l’exploitation et la visualisation de donnée est une brique essentielle de notre solution.

En amont de tout projet, nous estimons le potentiel de flexibilité et vérifions la pertinence de l’installation de batteries en analysant les courbes de consommations via les relevés des compteurs télé-relevés « 10 minutes » ou les factures. Cela nous permet ensuite d’établir le business model et de dimensionner les équipements.

Nous avons développé une expertise qui nous permet d’accompagner nos clients dans la définition de leur projet et la décision d’investissement.

C’est une étape primordiale et on a observé qu’on peut parfois générer des économies dès cette phase d’analyse : nous pouvons conseiller au client de tout simplement changer de fournisseur ou d’offre d’abonnement. Ensuite, le fait de visualiser sa consommation et son impact encourage l’utilisateur à adapter son comportement. Il faut donc de notre côté apporter une attention toute particulière au choix des données affichées et à l’expérience utilisateur.

C’est pourquoi nous avons mis au point une application web qui offre une vision en temps réel des flux d’énergie entre les différents composants du système électrique, déclinée en application pour smartphone.

C’est finalement cette expertise d’analyse de la donnée qui a séduit le jury du programme DataCity. Une porte d’entrée privilégiée pour aller plus loin, jusqu’au pilotage de flexibilité !

BeeBryte Team

Vous avez manqué la première partie de cet entretien ? Retrouvez-la ici et visitez sans tarder la page web de BeeBryte[1].

 



[1] http://beebryte.com/

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