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Smart Cities en Afrique : exemples des villes du Caire et de Casablanca
and // 22 March 2017 // 3

Introduction : l’écosystème Smart City

 

22Une smart city [1] est un écosystème qui met à contribution tous les acteurs de la ville (citoyens, entreprises, administrations publiques) afin de créer des synergies et de répondre aux besoins de chacun de manière efficiente et responsable.

Les Smart Cities sont des zones où technologie et connectivité sont au cœur de l’infrastructure. Elles offrent des espaces pour vivre, apprendre, travailler, entreprendre et développer des activités innovantes.

Selon Rudolf Giffinger, expert en recherche analytique sur le développement urbain et régional à l’université technologique de Vienne, une smart city doit répondre à 6 critères :

  • Une administration intelligente
  • Un mode de vie intelligent
  • Des habitants intelligents
  • Une économie intelligente
  • Un environnement intelligent
  • Une mobilité intelligente

Face aux enjeux de développement urbain et de croissance démographique propres aux pays émergents, le concept de smart city est particulièrement prégnant dans les pays d’Afrique. L’Afrique est aujourd’hui le continent qui s’urbanise le plus rapidement, et son taux annuel de croissance urbaine est le double de la moyenne mondiale (3,6%). En 2030, près d’un milliard d’Africains vivra dans des zones urbaines, et le continent devrait atteindre les 2 milliards d’habitants avant 2050, selon la Banque mondiale.

 

 Les Smart Cities en Afrique : 

Afin de répondre aux défis posés par ces croissances de populations exponentielles, les villes africaines ont déjà créé des technopoles et sont actuellement en train de mettre en place des initiatives empruntant au concept des smart cities.

L’urbanisation étant un phénomène récent et très rapide en Afrique, les villes ne sont pas encore dotées de systèmes complexes et à haut niveau de technologie, comme peuvent l’être certaines villes d’Europe, d’Amérique et d’Asie. Malgré leurs difficultés liées à une explosion démographique très forte, à des inégalités importantes, à des systèmes de santé et d’éducation encore peu performants, et à des contextes politiques parfois instables, les villes africaines commencent peu à peu à prendre des initiatives innovantes.

Plus jeunes et plus flexibles que les villes des pays développées, les métropoles africaines sont moins freinées par le poids des infrastructures existantes. Ainsi, elles ont de nombreuses opportunités pour développer des projets à fort potentiel technologique, comme le passage direct au mobile et à la fibre optique et l’installation de Smart Grid pour leur gestion énergétique. Ces initiatives localisées sont des étapes vers le développement de smart cities africaines et grâce à elles le phénomène de smart city est en train de devenir peu à peu un phénomène africain.

Les applications concrètes des smart cities en Afrique se trouvent concentrées à ce jour dans une dizaine de pays sur 54 que compte le continent. Même si les villes nord-africaines (Le Caire, Tunis, Alger et Casablanca) sont en avance, de nombreuses mégapoles régionales comme Accra, Lagos, Abidjan ou Nairobi sont également très performantes en terme d’attractivité économique pour les investisseurs et de croissance pour leur classe moyenne. Des villes nouvelles comme Johannesburg ou Kigali font aussi preuve d’une rapidité et d’une maturité étonnantes grâce à l’émergence d’une classe moyenne dynamique et connectée.

Du fait de la géographie, de l’histoire et des cultures propres à chaque ville, il n’y a pas un modèle unique de smart city en Afrique. Des projets différents se mettent en place dans plusieurs métropoles et, chaque année, des multinationales convaincues du potentiel de croissance du continent s’impliquent dans des projets ambitieux aux côtés des villes africaines.

 

Exemple de la ville du Cairo en Egypte : 

Les conférences autour du sujet « Smart Cities » se multiplient en Egypte. La ville du Caire, a organisé un grand meeting autour du sujet des villes intelligentes, en Septembre 2016. Une 2ème édition de cette conférence sera également organisée en Septembre 2017. Plus de 35 intervenants, 1000 décideurs de haut niveau et 3000 visiteurs ont participé à cette conférence.

Ces évènements montrent l’intérêt que porte la capitale Egyptienne au concept de ville intelligente. Le Méga projet « The capital Cairo » sera la concrétisation de cet intérêt. La nouvelle capitale de l’Egypte sera conçue pour accueillir 5 millions d’habitants. Cette nouvelle ville sera constituée d’un écrin d’espaces verts et de plans d’eau, des centaines de Km2 d’espaces verts, des fermes solaires qui s’étendent sur 91 Km2, un quartier d’affaire et des zones ultra-sécurisées pour les administrations et les institutions.

Ce projet de nouvelle capitale administrative et son impressionnante maquette ont été dévoilés en Mars 2016 à Charm el-Cheikh par le président Egyptien et le groupe émirati Capital City Partners.

« Douze fois plus étendue que Manhattan et sept fois plus que Paris intra-muros », comme le soulignent ses concepteurs, la smart city devrait sortir des sables d’ici cinq à sept ans à 50 km du Caire, sur une zone encore désertique de 700 km2 située entre les quartiers Est de l’« ancienne ville » et l’entrée du canal de Suez.

L’objectif de ce méga projet serait également de désengorger Le Caire, asphyxié et paralysé par la surpopulation et les embouteillages, et de délocaliser les principaux bâtiments administratifs, sièges institutionnels et représentations diplomatiques.

Parmi les piliers de la future capitale intelligente de l’Egypte figure les technologies de l’information, et la connectivité, les réseaux intelligents, les moyens de transports intelligents ainsi que l’administration intelligente.

Le concept de ville intelligente n’est pas nouveau en Egypte. Un Smart Village a été construit en 2001, entre les deux villes du Caire et d’Alexandrie et s’est vite imposé pour devenir le plus important centre high-tech d’Afrique.

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 Source : www.dailynewsegypt.com

Pyramide en verre bleu, navire d’un blanc immaculé, temple pharaonique stylisé : Smart Village et ses bâtiments futuristes semblent un mirage sorti du désert aux portes du Caire.

Smart Village compte plus de 35 000 employés (l’Egypte en espère 100 000 en 2014), élite polyglotte et souvent jeune au service des plus grandes sociétés égyptiennes et multinationales. IBM, Google ou Vodafone : une cinquantaine d’entreprises, dont toutes les stars des technologies de l’information et de la communication (TIC), se sont implantées au cœur de ce business park d’environ 3 kilomètres carrés, d’où elles rayonnent sur l’Afrique et sur le Proche-Orient.

 

Exemple de la ville de Casablanca au Maroc : 

Le Maroc figure parmi les pays les plus avancées dans le développement des Smart Cities, avec comme exemple la métropole de Casablanca. Plusieurs projets sont en cours de développement dans cette ville dans un objectif de profit des technologies de l’information pour répondre aux besoins des citoyens de manière efficiente et responsable. Ces projets sont fondés sur la mobilité intelligente, l’environnement intelligent, des maisons intelligentes et des habitants intelligents. [2]

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Casanearshore park smart village

source : www.e-madina.org/activites/projets/

La mobilité intelligente

Repose sur des modes de transport variés, accessibles, écologiques, abordables et efficaces. L’intermodalité des transports et la dématérialisation des modes de paiement est l’un des aspects clés du projet smart city porté par e-Madina au Maroc.

Ainsi, CasaTransport, société de développement local chargée de l’extension du tramway de Casablanca, a fait de l’intermodalité entre tram et bus l’une de ses priorités.

La société a également entrepris la construction de quinze parkings-relais desservant le réseau ferré pour encourager l’intermodalité entre voiture personnelle et transports en commun. Des initiatives privées sont par ailleurs à noter, en parallèle des projets portés par le cluster.

Plusieurs services de transports utilisant les technologies de géolocalisation comme Uber ou Careem se sont développés au Maroc.

Le service marocain iTaxi est un exemple de concrétisation du concept de la mobilité intelligente. L’application, utilisant un outil de géolocalisation, permet de commander un taxi qui sera assigné au client en fonction de sa position dans la ville par rapport aux chauffeurs de taxi associés au service.

A terme, on peut imaginer une généralisation de ce type de solutions pour arriver à une totale intermodalité des transports associée à une régulation du trafic par les autorités de la ville, utilisant les données fournies par capteurs ou open data.

L’environnement intelligent 

Centré sur une gestion responsable des déchets et de l’énergie, afin de minimiser la pollution et de protéger l’environnement. L’environnement intelligent intègre plusieurs éléments allant de l’économie d’énergie via des smart grids optimisant l’alimentation en électricité de la ville, ou la smart water faisant de même pour l’eau, au développement urbain dans le respect de l’environnement. Au Maroc, plusieurs projets d’environnement intelligent ont été menés. Ainsi la Lydec a lancé un projet de compteurs intelligents d’eau et d’électricité permettant, grâce à des capteurs sur le compteur, de réguler le débit en fonction de la consommation énergétique du client. Encore au stade embryonnaire, ce projet concerne actuellement près de 2 000 clients stratégiques. Pour comparaison, la Lydec dessert près de 2 millions de clients dans le Grand

Casablanca. C’est également le cas sur la gestion des déchets, où Suez Maroc utilise un SIG qui permet le contrôle de la propreté urbaine en temps réel et permet aux usagers d’indiquer les zones à nettoyer.

Des maisons intelligentes

Les opérateurs téléphoniques ont déjà amorcé depuis quelques années l’évolution vers un mode de vie intelligent en promouvant les « smart homes » permettant d’utiliser les NTIC pour la gestion de son domicile. Au Maroc, la smart home de Maroc Telecom proposée en partenariat avec Somfy permet ainsi de synchroniser et enregistrer ses données personnelles et d’équiper sa maison d’outils opérables à distance, permettant d’optimiser l’énergie ou encore d’améliorer la sécurité de la maison.

A terme, ce projet a vocation à devenir un véritable modèle de ville intelligente au Maroc.

Des habitants intelligents 

Ils savent utiliser les nouvelles technologies pour gérer leur temps, leurs modes de consommation, optimiser leurs déplacements, réduire leur impact sur l’environnement et communiquer entre eux ainsi qu’avec l’extérieur. Cet aspect est particulièrement important à Casablanca ou les acteurs du cluster smart city ont fait le choix de mettre le citoyen au cœur du développement de la smart city. Un effort d’éducation doit être fait pour accompagner les citoyens marocains a l’utilisation des nouvelles technologies dans la vie quotidienne, y compris pour leur relation à l’administration ou encore la gestion des ressources. En effet, une certaine méfiance subsiste dans un pays ou l’utilisation d’Internet n’est pas encore généralisée, bien que la pénétration Internet ait dépassé 50 % de la population et que plus de 25 % d’entre elle ait accès au haut débit mobile.

Par ailleurs, les usages d’Internet reflètent cette méfiance ; ainsi, malgré le développement du e-commerce, plus de 95 % des paiements de transactions contractées en ligne au Maroc se font en espèce a la livraison.

De ce fait, des projets d’éducation et d’accompagnement sont nécessaires pour assurer l’utilisation optimale des outils offerts par l’écosystème smart city, en même temps que le développement de l’accès aux nouvelles technologies, a la connectivité et aux données nécessaires à l’amélioration de la vie quotidienne des citoyens. Des entreprises marocaines ont amorcé cette réflexion comme la start-up Go-Mobile, gagnante de l’édition 2016 de la Start-up Cup, qui permet aux personnes illettrées d’avoir accès a un contenu oral en utilisant leur téléphone mobile.

 

 

Sources :

[1] : Des technopoles au smart cities, vers un écosystème digital en Afrique (Livre Blanc BearingPoint)

[2] : Le Maroc, pionnier de la smar city en Afrique ? (Lettre de convergence BearingPoint)

http://thecapitalcairo.com/smart-city.html

http://www.jeuneafrique.com

http://www.lexpress.fr

http://www.dailynewsegypt.com

http://www.e-madina.org/activites/projets/

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