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Rio+40 : l’avènement de la photosynthèse
and // 25 April 2013 // 6

@Arthur – 25 avril 2033

C’est historique.

Depuis le premier sommet de la Terre à Stockholm en 1972, il y a plus de 60 ans, c’est la première fois qu’une décision concrète émerge de ces rencontres décennales entre dirigeants mondiaux. Hier, à Rio +40, les pays présents ont adopté à l’unanimité la proposition d’allouer jusqu’à 5% de leur budget Recherche au développement de la photosynthèse pour la production d’énergie.

L’enjeu était de taille : proposer une alternative sérieuse au Lithium et au « tout-électrique ». Dans l’œil du cyclone : les méthodes d’exploitation intensive des gisements de Lithium qui menacent les écosystèmes fragiles des salars Sud-Américains et plus récemment des profondeurs de l’Antarctique.

Maîtriser la photosynthèse pour en récupérer de l’énergie électrique, ce projet aurait été perçu il y a à peine 20 ans comme issu de l’imagination débridée d’un savant fou. Mais lorsque l’on sait que la biomasse sur la planète capte annuellement un flux d’énergie équivalent à 10 fois la consommation énergétique mondiale, et que l’on s’attarde sur les avancées scientifiques dans le domaine depuis les années 2010, on comprend que ce choix ambitieux se soit imposé de lui-même à nos dirigeants.

On se souvient qu’en 2015, le chercheur brésilien Michel Telò et son équipe remportaient le prix Nobel de physique pour avoir su maîtriser la photosynthèse et l’appliquer à l’électrolyse de l’eau sous conditions atmosphériques, de manière à synthétiser de l’hydrogène grâce à la seule lumière du soleil, et l’utiliser ensuite comme carburant. Les images de la cérémonie avaient fait le tour du monde lorsqu’en guise de discours, le chercheur avait improvisé une chanson pour dénoncer la déforestation de l’Amazonie. Quelques années plus tard, les recherches prenaient un tour industriel, et le premier site pilote commençait à produire de l’électricité par photosynthèse en connectant des bassins d’algues artificielles au réseau dans le sud des Etats-Unis. Très vite, les premiers matériaux photosynthétiques voyaient le jour, ouvrant la voie à des applications futuristes, telles que les vêtements producteurs d’énergie permettant de recharger sa tablette en toutes circonstances. Les défauts de jeunesse de cette technologie (les matériaux avaient au début une forte odeur d’algue, puis de chewing-gum à la chlorophylle) sont aujourd’hui résolus.

« La symbiose parfaite entre l’Homme et son environnement ».

Mais l’ambition planétaire est désormais de voir plus loin, et de faire de la photosynthèse une véritable source d’énergie de masse, aux propriétés 100% vertueuses. Hier soir, à l’issue du sommet, le président russe ne boudait pas son plaisir en annonçant fièrement que ses scientifiques arrivaient désormais à prélever directement de n’importe quel plante du courant électrique en quantité non négligeable, sans nuire à son développement. « La symbiose parfaite entre l’Homme et son environnement », a-t-il lancé. L’idée que la plus grande forêt du monde, la Taïga Russe, deviendrait alors un formidable relai de croissance pour un pays dont les ressources de gaz montrent de forts signes d’épuisement, n’avait d’ailleurs sûrement rien à voir avec le grand sourire affiché par cet écologiste fraîchement converti.

Car l’enjeu est bien là : avec la photosynthèse, la reforestation deviendrait une priorité  énergétique et économique pour les états. Les prochaines étapes annoncées par les scientifiques du monde entier laissent d’ailleurs rêveur. D’ici quelques années à peine, les voitures et les bâtiments seront recouverts de feuilles artificielles qui les alimenteront en électricité tout en dégageant de l’oxygène, et les automobilistes pourront en cas de besoin se brancher directement sur les platanes en bord de route pour recharger leurs batteries. Les énormes réserves de CO2 accumulées grâce au développement des techniques de CSC (Capture et Stockage du Carbone) ces deux dernières décennies trouveront ainsi une deuxième jeunesse pour le moins inattendue, en servant de « carburant » à la photosynthèse. Au sein de la communauté internationale, les sceptiques prédisent cependant que les forêts et les océans risqueraient de devenir un nouvel eldorado qui attisera la convoitise des états et exacerbera les tensions territoriales.

Quoiqu’il en soit, hier soir, une nouvelle ère énergétique s’est définitivement ouverte.

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