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G30 : Objectif Lune
et // 18 juillet 2012 // 15

@Arthur – 18 juillet 2032

Le 03 novembre 2032, l’avenir de la Lune sera débattu à l’occasion d’un G30 historique. Sur fond de crise énergétique mondiale et de raréfaction des ressources naturelles, les 30 économies les plus puissantes de la planète se réuniront à Johannesburg avec pour objectif de se répartir la surface lunaire.

L’essor du spatial civil -commencé en 2012 avec le premier vol de la navette DRAGON construite par SpaceX pour la NASA- avait été déterminant dans la relance des programmes spatiaux internationaux. Alors que la Chine a confirmé son ambition de conquête spatiale dès 2023 en devenant le troisième Etat après les Etats-Unis et la Russie à marcher sur la Lune, notre satellite attire aujourd’hui toutes les convoitises.

Au niveau mondial, deux alliances ont très vite émergé. La Russie, la Turquie et la Chine avaient réussi dès 2025 le tour de force de s’allier commercialement en vue de la construction d’une base lunaire partagée. Si les Etats-Unis, en partenariat avec l’Union Européenne et l’Afrique du Sud ont un léger coup d’avance après avoir commencé la construction de la première base lunaire sur la Mer de la Tranquillité, le trio sino-russo-turque s’apprête à faire de même en Mer des Nuées. Une technologie récemment mise au point et brevetée par la NASA permet en effet d’utiliser les particules de vent solaire pour produire de l’énergie. Cette technologie déployée sur la Lune, dénuée d’atmosphère protectrice, est la promesse de juteux contrats dans le contexte de crise énergétique que nous connaissons. A ce jour, la transmission de cette énergie sélène depuis la Lune vers la Terre est envisagée à l’aide de faisceaux lasers. La Lune devient ainsi potentiellement une centrale électrique solaire de 3474km de diamètre !

En marge du G30, le directeur du programme spatial chinois tenait à clarifier ses objectifs : « Notre base lunaire est une première étape vers la planète rouge». Objectif Mars donc. Pourtant, l’ordre du jour du G30 témoigne de tensions plus terre à terre.

Un premier miroir réceptacle du faisceau laser devrait être construit sur Terre dans le désert du Kalahari mais l’ampleur des investissements impose que les deux alliances trouvent un terrain d’entente. La Russie annonce déjà «  Nous n’engagerons aucun fonds avant de s’être mis d’accord sur la répartition de la surface lunaire ».

Si ces négociations venaient à échouer, cela pourrait geler la poursuite du développement des bases lunaires internationales, telles que planifiées par les deux coalitions. 80 ans après la signature du traité l’Antarctique, qui visait déjà à réglementer les relations entre les pays signataires au sujet des territoires polaires, les discussions sur la répartition de la surface lunaire devraient également comprendre des clauses de non-agression, de protection de l’environnement mais aussi une clause de redistribution de l’électricité produite grâce aux vents solaires vers les pays en développement. Les deux coalitions demeurent réticentes à définir les modalités de cette dernière clause.

Face à cet enjeu énergétique de taille, la coalition Atlantique avance en ordre dispersé. Les Etats Fédéraux d’Europe critiquent vivement la position défendue au G30 par l’Afrique du Sud et ironisent : « Si nous n’arrivons pas à définir une stratégie commune, nous n’obtiendrons que la face cachée ! ». L’Afrique du Sud, arguant que le miroir sera construit sur son territoire, souhaite en effet imposer des taxes sur l’énergie transitant par ses lignes haute tension.

Si cette technologie est bien la promesse d’un eldorado énergétique, aucune des parties prenantes de ce G30 historique ne semble encore prête à s’entendre sur une redistribution anticipée des ressources.

 

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